Le premier forum de la diaspora intellectuelle, scientifique et technique du Mali va s’employer à trouver le bon point d’appui pour en obtenir l’efficacité maximum.
"J’enseigne à l’université de Bâle en Suisse en ma qualité de linguiste et chercheur. Ce forum est une opportunité pour moi de partager mon expérience avec mes frères maliens. Mon intervention va porter sur le symposium malien sur les sciences appliquées qui existe depuis 2000. Il rassemble tous les deux ans à Bamako de grands chercheurs qui viennent animer avec leurs collègues maliens des conférences, des cours, des ateliers de formation".
A l’image de Mohomodou Houssouba, des centaines de nos compatriotes ont répondu présent au premier forum de la diaspora intellectuelle, scientifique et technique du Mali, initié par le ministère des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine. L’ouverture du forum a eu lieu hier au Centre international de conférences de Bamako sous la présidence du chef de l’État, Amadou Toumani Touré. C’était en présence des présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique. Notre pays dispose d’une diaspora intellectuelle, scientifique et technique très importante disséminée sur les cinq continents.
Cette diaspora, composée d’éminents intellectuels, de scientifiques et de techniciens de haut niveau, constitue un véritable levier pour le développement du pays. Cependant, ce potentiel immense de savoir et de savoir-faire est trop peu exploité pour pouvoir donner l’élan nécessaire au développement de notre partie.
Pour inverser la tendance, le gouvernement, à travers le ministère des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, a initié ce forum qui a pour objet global de rationaliser l’implication de l’intelligentsia malienne de l’extérieur dans le processus du développement national. La cérémonie d’ouverture a été marquée par plusieurs discours dont celui du président du Haut conseil des Maliens de l’extérieur. Habib Sylla jugera que l’organisation de cette rencontre est la preuve de l’intérêt des plus hautes autorités du pays pour les Maliens vivant hors du pays. "La diaspora constitue une ressource humaine considérable pouvant contribuer au développement national. Elle est prête à faire du Mali un pays économiquement et intellectuellement fort à travers la conception des projets de développement durable", a-t-il assuré.
Le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine a souligné combien les immenses progrès accomplis dans le cadre du Projet du développement économique et social du président de la République, méritaient d’être renforcés par l’apport des intellectuels maliens de l’extérieur, en relation étroite avec ceux de l’intérieur qui sont quotidiennement à la tâche. "Pour faire des intellectuels, scientifiques, techniciens et fonctionnaires maliens de l’extérieur des agents actifs du développement, l’État devrait mettre en place un programme de valorisation de ses ressources humaines de l’extérieur. Telle est l’ambition du présent forum et c’est en cela qu’il trouve sa justification et aussi sa pertinence", a précisé Badra Aliou Macalou.
La rencontre, notera le ministre, sera aussi l’occasion de faire connaître les travaux des différentes institutions de recherche aussi bien pour les intellectuels, scientifiques et techniciens nationaux que leurs homologues de la diaspora.
Sont donc organisées en marge du forum, des expositions de résultats de recherches, d’ouvrages. "La découverte de ces produits, outre qu’elle constituera une source de fierté, sera aussi une source d’émulation pour d’autres intellectuels, scientifiques et techniciens de la diaspora et même ceux de l’intérieur", a souligné le ministre Macalou.
Crise scolaire.
Le chef de l’État a salué la présence massive de nos compatriotes venus du monde entier (Allemagne, Arabie Saoudite, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Canada, Côte d’Ivoire, États-Unis d’Amérique, France, Finlande, Gabon, Haïti, Japon, Lettonie, Mauritanie, Niger, Pologne, Portugal, Russie, Sénégal, Suisse, République Tchèque, Tunisie, Togo). Amadou Toumani Touré a témoigné de la considération dont jouissent nos intellectuels au sein des communautés scientifiques internationales. Il a salué leur attachement profond à la patrie et leur "désir ardent" de mettre leur savoir-faire au service du pays.
Le président Touré a apprécié, à ce propos, les formidables résultats du Programme de transfert des connaissances par l’intermédiaire des nationaux expatriés (Tokten). « Ce programme a connu un franc succès dans notre pays », avait confirmé le ministre Macalou pour expliquer « pourquoi, outre le secteur de l’éducation, il a été élargi à ceux de l’agriculture, de la santé, des petites et moyennes entreprises (PME) et des petites et moyennes industries (PMI) ».
Soulignant la contribution de nos intellectuels, scientifiques et chercheurs de la diaspora à l’enseignement supérieur, le président de la République est revenu sur la crise profonde que traverse actuellement cet ordre d’enseignement et dont l’issue finale n’est pas encore certaine. "Certes, vos revendications sont justes et légitimes, mais l’État ne peut donner que dans la limite de ses moyens", a-t-il répété en direction du monde enseignant.
Le chef de l’État a mis l’accent sur l’importance de l’enseignement en rappelant que le Mali avait abrité dans le passé l’une des plus vieilles universités du monde, l’université Sankoré de Tombouctou, connue pour la rigueur de l’enseignement qui y était dispensé. Notre pays était aussi fier de ses grands intellectuels doués et compétents à l’image du président Modibo Kéita qui fut major de sa promotion à l’école William Ponty au Sénégal.
Amadou Toumani Touré n’a pas manqué de rendre hommage à certains de nos compatriotes de la diaspora qui font aujourd’hui la fierté de notre pays, notamment le Pr. Diola Bagayogo qui enseigne dans une université aux États-Unis d’Amérique, le secrétaire général adjoint de l’ONU, Cheick Sidi Diarra, le secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications, Hamadoun Touré, qui participent tous au forum.
Au cours des trois jours de travaux, les participants vont identifier et analyser les contraintes liées à une meilleure contribution de la diaspora intellectuelle au développement du Mali, dégager des axes de partenariat entre celle-ci et les structures de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et établir un cadre d’échanges formalisé entre l’intelligentsia malienne établie à l’étranger et le ministère des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine. La cérémonie d’ouverture a pris fin par la visite des stands d’exposition par le président de la République.
Madiba Keïta
L’Essor du 30 Juillet 2010.
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Forum de la Diaspora intellectuelle du Mali :L’apport de l’intelligentsia extérieure dans le développement
Le ministère des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine organise du 29 au 31 juillet le 1erForum de la diaspora intellectuelle, scientifique et technique du Mali à Bamako. L’ouverture de la rencontre était placée sous la présidence du chef de l’État Amadou Toumani Touré.
L’objectif du Forum qui prend fin le 31 juillet est, selon les organisateurs, de développer la contribution de la diaspora intellectuelle par l’optimisation de la promotion de leurs acquis, savoir et savoir D faire dans tous les domaines d’activité de la vie productive nationale. Aussi, s’agit-il de matérialiser les stratégies d’optimisation de cette contribution.
Pour le président ATT qui s’est dit fier de la diaspora intellectuelle, cette rencontre est d’une importance capitale, "l’apport de la diaspora intellectuelle, dans l’accompagnement du système universitaire, de lobbying des fonctionnaires internationaux pour l’immersion des acteurs, cadres et services publics maliens dans le circuit des opportunités d’affaires et de la coopération internationale n’est pas à négliger".
Il a aussi reconnu le rôle que nos compatriotes jouent dans leurs domaines respectifs. "De la Fao à l’Onusida en passant par l’OIT, le Cilss, le LiptaKo-Gourma, la Cédéao et les grandes Universités des Etats-Unis, d’Europe et d’autres coins du Monde, vous faites la fierté de notre peuple", a-t-il dit.
Et d’ajouter que la mobilisation actuelle du département des Maliens de l’extérieur pour la tenue d’un Forum des investisseurs il y a quelques mois est un indicateur de performance des opportunités qu’offrent les Maliens de l’extérieur.
Il s’agira aussi de développer une synergie d’actions coordonnées et harmonisées qui doit permettre d’atteindre des résultats tangibles comme le développement de la contribution des intellectuels maliens évoluant à l’extérieur.
" L’intérêt que cette communauté suscite, a conduit le gouvernement à organiser le premier Forum de la diaspora malienne à Bamako en octobre 2003. Ce cadre de concertation a été très édifiant tant du point de vue du potentiel que des innombrables problèmes à résoudre. Les ressources humaines étant un puissant levier dans tout processus de développement économique et social", a dit Dr. Badara Alou Macalou.
Il a ajouté que le nouveau programme Tokten (agriculture, santé, PME/PMI), d’autres formes de prestation de service et missions de haut, niveau des intellectuels expatriés au Mali sont d’un apport inestimable pour les projets de développement institutionnels et socioéconomiques.
Les contributions de l’intelligentsia scientifique et technique dans le domaine managérial, de l’assistance à la création d’entreprise, de la promotion industrielle et en appui conseil sont un potentiel dont le pays ne devrait pas se passer. Le développement national compte également sur leur contribution comme groupes de réflexion prospective, d’études opérationnelles et d’assistance à l’État et à l’Administration publique.
Comment mettre cette diaspora intellectuelle à contribution ? Comment produire avec elle une base nationale de références et d’actions de développement opérationnel diversifié ? Comment maximiser et diversifier l’apport de cette diaspora intellectuelle malienne dans la promotion des différents secteurs d’activités du pays et que faire pour la mettre en interface avec les compétences nationales ? Autant de questions que le département entend donner des réponses afin que nos compatriotes qui évoluent dans des domaines aussi riches que variés à travers le monde puissent contribuer à l’émergence d’un Mali prospère.
Idrissa Sako
Les Échos du 30 Juillet 2010.
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