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Le dispositif Sadio Gassama est-il efficace ?

Quelques jours après la rencontre du ministre de la Sécurité intérieure et de la protection civile, le Général Sadio Gassama, avec les responsables des forces de sécurité, de la Gendarmerie, de la Garde nationale et de la police nationale sur l’insécurité grandissante qui gagne de plus en plus du terrain à Bamako et environnants, l’on remarque aujourd’hui une forte présence des patrouilles nocturnes. Lesdites patrouilles seront-elles continuelles ? Les moyens seront-ils toujours mis à la disposition des agents de sécurité pour qu’ils veillent sur la sécurité des citoyens ?

Depuis quelques années, les autorités du pays, à travers les Forces armées et de sécurité, notamment au niveau de la Garde nationale du Mali, de la Police nationale et de la Gendarmerie, ont décidé de faire beaucoup de recrutement pour augmenter le nombre des effectifs des agents de sécurité. L’objectif premier recherché de ces recrutements est d’amener la quiétude au sein de la population. C’est-à-dire assurer la sécurité des citoyens tant la nuit que durant la journée.

Dans la dynamique de renforcer toujours la sécurité des populations afin de lutter contre la criminalité et le banditisme sur toute l’étendue du territoire national, le ministère de la Sécurité intérieure et de la protection civile a procédé à la création d’autres commissariats de police à Bamako et de plusieurs postes de sécurité et brigades dans le pays.

Pour permettre donc à ces forces de sécurité de mener à bien la lutte contre la criminalité, depuis quelques années maintenant, elles sont dotées de véhicules et autres équipements par l’État.

Malgré les efforts fournis par les autorités dans le domaine de la lutte contre la criminalité, les populations ne parviennent pas à dormir paisiblement. Les agressions et attaques à domicile par des bandits armés dans le District de Bamako et environnants sont la parfaite illustration du phénomène grandissant de l’insécurité.

Dans ces multiples cas d’agressions des citoyens, on déplore malheureusement des pertes en vie humaines. Choqué par la montée en puissance du banditisme, le Général Sadio Gassama, a fait une sortie musclée il y a quelques jours. C’était lors de sa rencontre avec les responsables de la Gendarmerie, de la Garde et de la Police.

A l’occasion, Sadio Gassama, a interpellé ses hommes afin de savoir ce qui ne va pas réellement. Qu’est ce qui fait qu’on assiste à la montée en puissance des attaques des bandits armées sur les citoyens ? « Ce sont les moyens qui vous manquent ? Je veux savoir ce qui ne va pas concrètement ? », a- t-il interrogé ses troupes.

Au sortir de cette rencontre entre ces différents corps et le ministre de la sécurité intérieure, l’on remarque depuis quelques jours dans la ville de Bamako la multiplication des patrouilles. Chose qui est appréciée à sa juste valeur par les citoyens.

Mais la question qui se pose est de savoir si le nombre important des patrouilles qu’on rencontre actuellement en ville dans les différentes Communes sera maintenu. Les moyens seront-ils toujours mis à la disposition des patrouilleurs afin qu’ils mènent à bien la mission qui leur est confiée : la protection des citoyens contre les malfrats ?

Le même dispositif sécuritaire doit être maintenu dans ces zones comme Sénou, Sirakoro Méguétana où les criminels mènent également des opérations d’agression.

Une chose est sûre : pour réussir la lutte contre le banditisme, Sadio Gassama, doit veiller à ce que les forces de sécurité soient plus présentes et en nombre suffisant sur le terrain.

Il doit également faire en sorte que les agents de sécurité soient dotés de plus d’équipements performants pour faire face aux bandits. Sinon, sans être des prédicateurs, nous affirmeront sans risque de nous tromper que ce sera un retour à la case de départ. Parce que, dès que les malfrats remarqueront un relâchement dans la surveillance, bonjour les dégâts.

Hadama B. Fofana

Le Républicain du 02 Février 2010. ...........

Conseil économique, social et culturel : La sécurité au cœur des débats

L’histoire de l’humanité a été marquée par la recherche de la meilleure manière d’assurer la paix et la sécurité des hommes, de leurs biens, de leurs territoires, de leurs États ainsi que de leurs institutions. Le concept de sécurité s’avère polysémique, transversal et multidimensionnel. Ces dernières années, le terme fait l’objet d’un grand et riche débat. Au sens classique du terme, la sécurité traduit une situation dans laquelle une personne ou une chose ne risque d’aucun danger, d’agression physique ou morale, d’accident, de vol ou de détérioration. La notion de sécurité a beaucoup évolué au cours de la décennie écoulée.

Dans les années 80, une nouvelle conception de la sécurité est née : la sécurité humaine. Celle-ci englobe à la fois la sécurité intérieure et extérieure, régionale et mondiale. Malgré une prise de conscience, le monde continue d’être marqué par des crises, des menaces de toutes sortes dont les plus inquiétantes demeurent les attaques terroristes au plan international. Notre pays n’est malheureusement pas épargné par le phénomène. Des attaques et des enlèvements d’expatriés européens surviennent ainsi dans la bande saharienne à laquelle appartient le Septentrion du Mali.

Il apparaît urgent de trouver des solutions au phénomène. La première session ordinaire de la 4è mandature du Conseil économique, social et culturel (CESC) qui s’est ouverte hier au siège de l’institution à Koulouba, est justement placée sous le thème central : "la sécurité au Mali". La cérémonie d’ouverture des travaux, présidée par le Premier ministre, Modibo Sidibé, s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement. Étaient également présents des responsables d’institutions de la République, des représentants du corps diplomatique et nombre d’invités de marque. Cette première session ordinaire se propose d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur les enjeux et les grands défis auxquels le pays se trouve confronté en matière de sécurité et de proposer des stratégies pour la renforcer et anticiper les risques d’insécurité.

Dix jours durant, les débats porteront sur des thématiques aussi diverses que variées : la politique nationale de sécurité et de la protection civile : défis et perspectives ; la politique de lutte contre les mines antipersonnelles et la prolifération des armes légères et de petit calibre ; la politiques nationale de la sécurité alimentaire et son impact sur le développement humain durable, la sécurité routière et les conflits intercommunautaires : enjeux pour le développement local et national.

Le président du Conseil économique, social et culturel, Jeamille Bittar, a évoqué l’importance de mener une réflexion sur la sécurité dans sa globalité. "Les projecteurs de l’actualité nous signalent l’extrême gravité de la situation qui prévaut chez nous au Mali.

Notre sommeil est troublé. Plusieurs de nos concitoyens meurent tous les jours dans des circonstances inexplicables. C’est parfois à la suite d’actes de grand banditisme dans les centres urbains ou sur d’immenses zones incontrôlées de notre pays", a décrit Jeamille Bittar.

Le président du CESC a énuméré d’autres défis sécuritaires auxquels est confronté notre pays : la sécurité routière, la sécurité alimentaire, la sécurité dans nos villes et campagnes et dans nos marchés.

La lutte contre l’insécurité constitue une réalité dans notre pays, a-t-il constaté en relevant que la dynamique se manifeste au plus haut niveau de l’État. C’est pourquoi le président de la République, Amadou Toumani Touré milite pour la tenue d’une conférence inter-Etats sur la création de conditions optimales en matière de sécurité tout au long de la bande sahélo-saharienne. Une initiative que le CESC soutient fermement, a indiqué Jeamille Bittar, car les questions de sécurité constituent un enjeu fondamental.

À ce titre, le président du CESC propose un examen de la question avec d’autres phénomènes comme la pauvreté et le manque ou l’insuffisance de culture morale et citoyenne. Le Premier ministre Modibo Sidibé a salué la pertinence des thèmes programmés par cette première session ordinaire du Conseil économique, social et culturel. "La question de la sécurité est au cœur des préoccupations du gouvernement.

Plusieurs initiatives démontrent à suffisance cette volonté politique d’assurer une sécurité à nos populations à travers l’initiative du Programme national de la gouvernance partagée de la sécurité qui vise notamment à appuyer l’élaboration et l’adoption de la nouvelle politique nationale de sécurité et de protection civile issues des États généraux de la sécurité et de la paix, la mise en œuvre du plan d’action et la construction d’une sécurité et d’une paix durable dans le Nord Mali", a indiqué le chef du gouvernement. Modibo Sidibé s’est dit convaincu de la pertinence de la contribution des départements concernés aux débats.

Lassine Diarra

L’Essor du 02 Février 2010.

 

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