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Libération du chef des Kounta

De bonne source, le président de la République, Amadou Toumani Touré, a mobilisé des cadres des Forces armées et de sécurité et des acteurs de la société civile pour résoudre la question des prises d’otages au Nord de notre pays.

En effet, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été l’enlèvement du maire d’Anefis. C’est pourquoi, selon nos sources, le chef de l’Etat a pris l’option sérieuse de faire appel à des officiers supérieurs et à des membres et ressortissants des communautés du Nord.

C’est à ce titre que le ministre de la Culture, Mohamed El Moctar, a été sollicité, au même titre que le colonel Ould Mayedou pour la libération du maire d’Anefis et chef de la communauté des Kounta, Baba Ould Sidi El Moctar. Selon nos sources, le président de la République a insisté sur la participation des représentants des communautés du nord à côté de l’intervention des forces armées et de sécurité. Ce fut, a ajouté notre source, un ‘’véritable branle-bas de combat ‘’ à Koulouba pour agir au plus pressé.

Le résultat est connu : Baba Ould Sidi El Moctar est libre, mais, l’otage français, Pierre Camate, est toujours détenu par ses ravisseurs. Ce qui fait prévaloir la continuité de la mise en état d’alerte des réseaux sécuritaires et communautaires de notre pays. Il est demandé aux populations de révéler toutes les informations liées à ces enlèvements dont elles disposent. Récemment, lors d’une conférence sur la sécurité tenue à l’hôtel Radisson Blu, l’expert en sécurité, Boubacar Bâ avait indiqué : ‘’ l’idée d’un partenariat État- société civile plus efficace et viable est considéré comme une solution incontournable à la recherche de la paix et de la sécurité dans la sous région ouest africaine.

L’hypothèse est que le déficit de bonne gouvernance étant l’une des sources principales de violence, on se doit de trouver la solution en démocratisant l’Etat à travers l’émergence d’une société civile forte. ‘’

Boubacar Bâ avait en outre ajouté que l’intégration des sociétés civiles ouest-africaines dans les dynamiques de partenariat prend de plus en plus une autre dimension et ne se fait pas uniquement par le verbe, le rituel diplomatique et le droit. Il a souligné qu’elle a aussi été visible à travers des actes concrets des ONG et des communautés locales dans le cas de la crise du Nord Mali. Il avait soutenu : ‘’au confluent du discours et de la volonté politique et à partir d’une redéfinition de la sphère et de l’objet de la sécurité nationale, certaines organisations de la société civile prennent part à des initiatives de paix mises en place par les pouvoirs publics ou les institutions sous régionales.Plusieurs ateliers ont été organisés sur des thématiques diverses. ‘’

Ces thèmes ont, entre autres, porté sur la nécessité de l’implication de la société civile dans le processus de lutte contre la prolifération des armes légères, contre les prises d’otages et la participation au dialogue inter et intracommunautaire.

On remarque toutefois, a fait remarquer Boubacar Bâ, que l’essentiel du travail de la société civile s’est fait au niveau de la sensibilisation et de la consolidation des capacités locales de gestion pacifique des conflits, notamment à travers des conférences, séminaires, qui sont l’occasion, pour les acteurs de la société civile de la sous région, de se connaître et d’échanger des expériences.

L’expert en sécurité avait ajouté : ‘’ En général, l’engagement de la société civile sur le champ concret de la résolution des conflits épouse, soit la forme d’initiatives autonomes émanant d’une organisation ou d’une communauté, soit celle d’initiatives coopératives, entreprises en collaboration avec l’État ou d’autres Ong nationales ou encore celle d’initiatives transfrontalières, via des réseaux transfrontaliers d’organisations non gouvernementales ou communautaires.

Cependant, la crise sécuritaire cyclique apparue dans la sous région ouest africaine a conduit à la notion d’État fragile ou décadent, cela, concomitamment à l’émergence et à la construction des processus démocratiques. Diverses raisons sont invoquées parmi les causes de cette évolution vers la violence : criminalité transfrontalière grandissante, augmentation exponentielle des conflits locaux, criminalité organisée avec les prises d’otages, le commerce illicite de la drogue et la violence issue des multiples rébellions.

Par conséquent, il apparaît illusoire d’espérer que les fragiles institutions étatiques mises en place jusqu’ici pourraient devenir par elles-mêmes les artisans efficaces d’une paix et d’une stabilité durable dans un environnement de violence et d’insécurité grandissantes. ‘’ Ces enseignements des experts en matière de sécurité ont-ils servi ATT ?

En tout cas, le président de la République, Amadou Toumani Touré a réellement tiré la sonnette d’alarme pour mobiliser divers acteurs de la sécurité et des représentants des communautés du nord de notre pays. Les efforts ont payé pour ce qui concerne la libération du chef de la communauté des Kounta. En revanche, le Français Pierre Camate est toujours en détention.

Baba Dembélé

Le Républicain du 29 Janvier 2010.

 

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