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Travail décent

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), le travail décent résume les aspirations de l’être humain à accéder à une activité productive rémunérée, à jouir de droits, de moyens d’expression et de reconnaissance, à bénéficier d’une stabilité familiale et d’un développement personnel, de la justice et de l’égalité entre les sexes.

Le travail décent vu sous cet angle traduit le droit fondamental de l’homme et s’érige en fondements de la paix dans la communauté et la société. Notre pays s’est engagé, ces dernières années, dans une vaste campagne de promotion du travail décent et de sauvegarde du droit au travail. Cette démarche s’est traduite par la ratification des huit conventions fondamentales de l’OIT relatives au travail décent et à la protection du droit à l’emploi.

Le pays a en outre entrepris de traduire dans les faits, le plan d’action du sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement africains tenu à Ouagadougou en septembre 2004, sur l’emploi et la réduction de la pauvreté. Il y a aussi la mise en œuvre de la feuille de route du Pacte global pour l’emploi adopté lors du 1er colloque africain sur le travail décent à Ouagadougou.

Toutes ces initiatives ont été traduites en actes concrets au plan national à travers l’adoption d’une Politique nationale de l’emploi (PNE) dont la stratégie est basée sur le développement humain durable et la lutte contre la pauvreté. Différentes actions et programmes ont été mis en œuvre dans le cadre du Projet pour le développement économique et social (PDES).

Ces différents instruments sont d’autant plus importants que malgré les progrès réalisés, il reste beaucoup à faire en la matière. Dans le monde, le taux de l’emploi vulnérable est en progression selon l’OIT : de 50,5 à 54,7 % pour les femmes en 2009, contre 47,2 à 51,8 % pour les hommes. Et la situation dans notre pays ?

Un forum national se penche actuellement sur cette question. Les travaux de cette rencontre ont débuté hier au Centre international des conférences de Bamako (CICB). La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, Abdoul Wahab Berthé qui avait à ses côtés deux autres ministres : Ibrahima N’Diaye (Emploi et Formation professionnelle), Mme Maïga Sina Damba (Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille).

L’événement s’est déroulé en présence de la coordinatrice du système des Nations unies au Mali, Mme M’Baranga Gasarabwe, du directeur adjoint du bureau sous-régional de l’OIT notre compatriote, Dramane Haïdara. Deux jours durant, les participants venus de toutes les régions du pays vont faire le point sur l’état de mise en application des conventions de l’OIT relatives au travail décent et l’état des lieux du travail décent dans notre pays.

Le directeur adjoint du bureau sous-régional de l’OIT, a relevé les efforts du gouvernement en matière de promotion du travail décent et de protection du droit au travail. Dramane Haïdara a expliqué que le travail décent s’appréhende à travers quatre objectifs stratégiques : les principes et droits fondamentaux et les normes internationales du travail, les possibilités d’emploi et de rémunération, la protection et la sécurité sociale, le dialogue social et le tripartisme. "Ces objectifs valent pour tous. Hommes et Femmes. Qu’ils soient dans l’économie formelle ou non, qu’ils occupent un emploi salarié ou travaillent à leur compte, dans les champs, les usines ou les bureaux, à domicile ou à l’extérieur", a commenté Dramane Haïdara.

Le ministre du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, a indiqué que le travail décent demeure une grande priorité pour le gouvernement qui en a fait l’un des facteurs essentiels de lutte contre la pauvreté.

Cette dynamique se manifeste à travers de la mise en œuvre de projet et programmes contribuant de manière significative à la création d’emplois et à la formation pour un accès plus facile au marché du travail.

Abdoul Wahab Berthé a évoqué également l’adoption récente de l’assurance maladie obligatoire (AMO) et l’initiative du Fonds d’assistance maladie (FAM) dont la mise en place est en cours. Tout cela contribue à la consolidation de la paix et de l’équilibre social.

Lassine Diarra

L’Essor du 29 Janvier 2010.

 

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